METAPHORES
La rubrique Métaphores accueille des créations, des œuvres originales de littérature et de poésie, ainsi que des textes portant sur l’esthétique des arts, théâtre, cinéma, littérature, histoire de l’art, arts numériques…
Forts de la conviction qu’il est une pensée au poème, en poème, nous avons proposé que la poésie dans sa présence de réflexion et de création trouve à Sens public une place originale, en ouvrant cette page ’Polémoscope’.
Polémoscope : l’étymon, ici, devrait parler. Il s’agit bien d’entretenir un rapport batailleur de la pensée du poète avec l’événement & de donner à lire sa vision propre, autre, d’une actualité à long terme dont s’emparent en paroles spécialistes et médias.
Polémoscope : il s’agit aussi d’une petite lunette de théâtre de la fin du 18e siècle, laquelle, par un jeu subtil de miroir interne, permettait de visionner ce qui se passait sur les côtés, dans les loges voisines, tout en faisant croire que l’attention était rivée à l’action se déroulant sur la scène...
Polémoscope 2 – "Si certains mots, certaines expressions, que nous pourrions pourtant aimer, sont devenus (...)
Forts de la conviction qu’il est une pensée au poème, en poème, nous avons proposé que la poésie dans sa présence de réflexion et de création trouve à Sens public une place originale, en ouvrant cette page ’Polémoscope’.
Polémoscope : l’étymon, ici, devrait parler. Il s’agit bien d’entretenir un rapport batailleur de la pensée du poète avec l’événement & de donner à lire sa vision propre, autre, d’une actualité à long terme dont s’emparent en paroles spécialistes et médias.
Polémoscope : il s’agit aussi d’une petite lunette de théâtre de la fin du 18e siècle, laquelle, par un jeu subtil de miroir interne, permettait de visionner ce qui se passait sur les côtés, dans les loges voisines, tout en faisant croire que l’attention était rivée à l’action se déroulant sur la scène...
Polémoscope 2 – "Si certains mots, certaines expressions, que nous pourrions pourtant aimer, sont devenus (...)
Abstract : Born spuriously from the union between the son of a well-to-do family and a chambermaid, Violette Leduc finds the means of exerting another kind of authority through autobiographical writing. It’s the incredible authority of a bastard whose poetic strategy takes the form of repentance – the French word “repentir” can both mean “a feeling of guilt” and “the visible modification applied to a painting”. What with its on-the-spot alterations, the repentance of “La Bâtarde” gives the reader a sense of the immense vitality of an existence presenting itself as being at once in-the-wrong, awkward, and adulterated. The interweaving layers of such a text magnify its complexity.
Keywords : autobiographical awkwardness ; genders ; poetic skill ; literary authority ; biographical illegitimacy
Résumé : Née d’une union non reconnue entre un fils de bonne famille et une femme de chambre, Violette Leduc trouve dans (...)
Réalisée pour Sens Public, cette vidéo de Norbert Godon propose un voyage au sein d’images produites par la vibration d’une courbe, activée par la voix même du commentaire. Renversant l’ordre habituel du montage en voix off, l’image suit la voix et tente de lui correspondre. Cette voix, une voix de bande annonce, nous raconte une version de la Genèse revue et corrigée à l’aire des grands mythes économiques. Relatant l’histoire de la disparition des lettres au profit des chiffres, ses interventions sont entrecoupées de formules chantées à la manière des polyphonies grégoriennes sur une composition originale de Benoît Gaspard.
Réalisation : Norbert Godon
Musique : Benoît Gaspard
Voix : Jean-Louis Cassarino
Chant : Anne Bissières, Valérie Lavallart, Phuong Mai Tran, Nicolas et Vincent (...)
Risquer la poésie est un texte qui se tisse dans le poème. Se voulant écriture, il met en danger la science de la littérature ainsi que la littérature scientifique. Ici aucune formule du passé ou dépassée ne s’écrit ni ne fait loi. Ce texte, ne s’épuise pas dans l’immédiateté d’une interprétation, dans la passion ou le bavardage d’une explication de texte, au contraire, il donne à patienter (dans) le poème, il s’ouvre au poème, ouvre le poème et enfin, il reste ouvert, et laisse ouvert le poème ouvert en soi. Il se montre ouvrant ouvertement, se rendant oreille, s’avance ouïement. Risquer la poésie tente de parler sans parler en trois langues (français, anglais, persan). Ici chaque langue cherche sa propre langue : absente, perdue, mutilée. Aucune langue ne cherche à traduire l’autre. Trois textes donc, déliés, affranchis. Un texte s’écrit maintes fois. On en garde quelques traces. Leur ressemblance ? Une absence de (...)
Risquer la poésie est un texte qui se tisse dans le poème. Se voulant écriture, il met en danger la science de la littérature ainsi que la littérature scientifique. Ici aucune formule du passé ou dépassée ne s’écrit ni ne fait loi. Ce texte, ne s’épuise pas dans l’immédiateté d’une interprétation, dans la passion ou le bavardage d’une explication de texte, au contraire, il donne à patienter (dans) le poème, il s’ouvre au poème, ouvre le poème et enfin, il reste ouvert, et laisse ouvert le poème ouvert en soi. Il se montre ouvrant ouvertement, se rendant oreille, s’avance ouïement. Risquer la poésie tente de parler sans parler en trois langues (français, anglais, persan). Ici chaque langue cherche sa propre langue : absente, perdue, mutilée. Aucune langue ne cherche à traduire l’autre. Trois textes donc, déliés, affranchis. Un texte s’écrit maintes fois. On en garde quelques traces. Leur ressemblance ? Une absence de (...)
Résumé : Cette forme théâtrale populaire dans laquelle un clown solitaire découvre le monde en même temps que nous et nous le présente depuis sa naïveté, on aurait tort de l’appeler, comme le veut l’anglicisme télécratique, « one man show ». D’abord parce que ce n’est pas un show, une performance démonstrative où il s’agit de faire étalage par quelques effets bien sentis de sa capacité à faire rigoler le monde ; et parce que ce qui le caractérise n’est pas qu’il y ait un seul homme sur la scène, mais que le comédien s’adresse au public, qu’on ne sait plus trop s’il joue un texte ou nous parle. Appelons plutôt cela solo de clown à texte, ou de clown de théâtre.
Mots-clés : clown – théâtre – étonnement – rire – one man show – philosophie – (...)
Résumé : Robert Musil est bien connu pour son apolitisme revendiqué à travers plusieurs textes et par le personnage principal de son roman, L’Homme sans qualités. Son désintérêt pour la politique s’accompagne de l’élaboration d’une réflexion éthique centrée sur la quête de soi, l’aspiration à l’authenticité et la réalisation d’un moi meilleur, c’est-à-dire une éthique perfectionniste. Cependant, alors que le perfectionnisme moral se développe à partir de l’individualisme d’Ulrich et de son aversion pour la société, Musil réintroduit la question sociale, marquant à la fois son importance et l’urgence d’une réévaluation. Cet article analyse les rapports entre perfectionnisme moral et question sociale autour de trois difficultés principales : la défense d’une démocratie participative, la critique de l’élitisme et les conditions économiques de l’abondance.
Mots-clés : Perfectionnisme moral (...)
Résumé : Calle Velarde est un récit inspiré de la figure de Michi Panero (ici, Archi Escario), le benjamin d’une saga de poètes espagnols. Il a vécu ses derniers jours malade et solitaire à Madrid. Le récit évoque la relation d’Escario et d’une jeune fille obsédée par la vie de bohème. Elle part à la recherche du dernier artiste bohème, et elle finit par rencontrer Archi. Calle Velarde est une méditation d’actualité sur le succès et l’échec, et sur la fascination que les intellectuels de la classe moyenne exercent sur les outsiders.
Abstract : Calle Velarde is a short fiction inspired on the tragic figure of Michi Panero (who is named as Archi Escario), the youngest son of a Spanish poets saga who spent his last years sick and lonely in the middle of Madrid. The story told the relationship between Escario and a young woman who is obsessed with the bohemian life-style. She is looking for the last bohemian till she found Richi. Calle Velarde would be a (...)
Abstract : « It’s the evening and the Garonne River is rising hour after hour in the darkness ». Page after page, the water penetrates the text and the walls ; the banks become porous, permeable. Identities blend and confusion invades the text, the narrator and the reader…“You have to watch and wait”. Along with the rising waters, the narrator’s encounters with the women in green increase in timelessness, and exist as incarnations of the flooding Garonne. Autoportrait en vert (Green self portrait) by Mary Ndiaye is a work which, through its structure and writing, challenges the notions of literary, photographic, identity and normative genres by jeopardising and questioning our own representations of the world.
Keywords : Overflowing – Self-portrait – Women in green – Garonne – Photography
Résumé : « C’est le soir et le niveau de la Garonne monte heure après heure dans l’obscurité ». Page après page, l’eau (...)
Après avoir écrit à Sens Public sur le Tirou-koural, David Annoussamy nous parle cette fois de la littérature indienne du Cambaramayanam. Dans le pays tamoul on découvre des récits relatifs à Rama qui n’existent pas chez le grand poète Valmiki. On trouve des références à Rama dans les hymnes mystiques des saints vishnouites (les Ajvars). Plusieurs poètes ont composé des Ramayanas entiers, mais il ne reste plus rien de leurs œuvres ou simplement quelques bribes. De cette épopée déjà connue de son public, le poète tamoul, Cambar, a voulu faire son ouvrage majeur et y a parfaitement réussi. Son chef d’œuvre a éclipsé tout ce qui l’avait précédé.
Abstract : Calle Velarde is a short fiction inspired on the tragic figure of Michi Panero (who is named as Archi Escario), the youngest son of a Spanish poets saga who spent his last years sick and lonely in the middle of Madrid. The story told the relationship between Escario and a young woman who is obsessed with the bohemian life-style. She is looking for the last bohemian till she found Richi. Calle Velarde would be a reflection about success and loose in modern times and about the fascination for the outsiders which used to be typical in middle-class intellectuals.
Résumé : Calle Velarde est un récit inspiré de la figure de Michi Panero (ici, Archi Escario), le benjamin d’une saga de poètes espagnols. Il a vécu ses derniers jours malade et solitaire à Madrid. Le récit évoque la relation d’Escario et d’une jeune fille obsédée par la vie de bohème. Elle part à la recherche du dernier artiste bohème, et elle finit par rencontrer Archi. Calle Velarde est une (...)
Resurrection : Angel of Freedom
Bloodstains : Nedas
Forehead beaten in : Shooting Stars
Au massacre de mes mots
On arracha la tête de la dernière ligne
Et le sang comme l’encre prit la feuille à la gorge
C’est la mort qui se couche sur la page
Et la vie une fenêtre restée ouverte une pierre la tua
Un nouveau fusil a tourmenté le monde
Et moi telle une marchandise je suis exporté aux portes de cette rue
Je suis toujours cette petite chambre qui quitta la maison
///
In the massacre of my words
they’ve beheaded my last line
and blood ink like is hitting on paper
there’s death stretched over the page
and life like a window ajar shattered by a rock
a new gun has finished off the world
and I imported goods like through this alley’s doors
am still the very meagre room that emigrated
Terror
Death to the Dictator
So sermon of Society
Le bouillon produit par la cuisson à l’étuvée a tendance à prendre une couleur brun clair aux reflets mordorés, tandis que la viande se dore d’un ton plus foncé. Si l’on y ajoute de la sauce de piments, une merveilleuse vague rouge vif s’étend sur la surface du bouillon, au point de recouvrir parfois complètement la vapeur chaude qui ne peut s’élever : c’est un coucher du soleil sur l’eau étale qui s’offre à vous. Alors, allez-y ! Prenez-en une bonne gorgée sans criante ! Ah ! Épicé et chaud, quelles délices... A se pâmer !
牛肉面,通常作成汤面的一种,以其主要用牛肉作料而得名。以牛肉块和卤包熬 (...)
Résumé : La création au féminin n’est pas seulement une idée militante des années 1970 : la réflexion critique autour d’auteures femmes méconnues, telle Violette Leduc, ou célèbres, telle Marguerite Duras est en pleine expansion. Une telle réflexion, qui s’appuie sur les divers courants critiques du 20e siècle ainsi que sur la notion de genre, s’étend à tous les domaines de la création artistique et en particulier au domaine du cinéma : Agnès Varda en est actuellement en France le meilleur exemple. Nous démontrons que les procédés spécifiques mis en œuvre par Varda demandent une nouvelle lecture critique. A l’instar de celle qui créa le concept de cinécriture, nous verrons que la critique doit se forger incidemment de nouveaux outils. Nous analyserons en détail les procédés stylistiques et esthétiques récurrents mis en œuvre par Varda tout au long de sa carrière, en incluant au parcours filmique un parcours à travers ses récentes (...)
Resumen : La Filosofía y la Literatura han reconsiderado su secular creencia y juicio respecto a sus posibilidades de representar lo real. Siempre conflictivas entre sí, pocas vacilaciones cundían, sin embargo, a la hora de entender que lo real podía ser expresado en un proceso de producción reflectiva en la que, como en la superficie del espejo, se reconociera lo real. Pues bien, dicha consideración, que se remontaría al esfuerzo aristotélico, es, sin lugar a dudas, uno de los signos fundamentales del cataclismo postmoderno que se reafirma sobre incursiones previas y consideraciones marginales en la historia del común lugar cultural. Así, la Filosofía –y, por extensión, todo saber serio (como la Historia, malogradas sus aspiraciones por los trabajos de White)– han cedido a la pretensión de presentarse como espejo en el que lo material se acoge : la reaparición sorprendente de Nietzsche significa un golpe contundente a la virtud tradicional de la Filosofía debido a la (...)
Résumé : Dix ans après 68, une Hongroise débarque à Paris avec ses deux enfants, elle s’installe dans une communauté. Elle a quitté une dictature refermée sur elle-même, tout est nouveau. Paradis artificiels, tentatives d’entrebâiller les portes de la perception, effluves d’encens indiens, robes afghanes, musiques psychédéliques, ex-soixante-huitards et leurs histoires sur les débuts de la fac de Vincennes, femmes en conversations avec les chats et la lune, ésotérisme et psychothérapie, chorégraphies de la coexistence dans la communauté, joies d’une école alternative, la découverte du corps – avec les yeux d’une femme est-européenne à la recherche de sa liberté.
Abstract : Ten years after 1968, a Hungarian woman arrives in Paris with her two children and goes to live in a commune. She left behind a dictatorship, a country closed on itself, everything is new for her. Artificial paradises, attempts to open the doors of perception, the smell of (...)
Résumé : Quel(s) rôle(s) peuvent jouer les représentations visuelles dans la compréhension et l’écriture d’un événement historique ? Cet article se propose de revenir sur le traitement historiographique des événements de Mai 68 du point de vue de l’image. Décrire et analyser le rôle des photographies publiées dans la presse française d’alors – et plus particulièrement dans Paris Match –, permet de montrer comment ce magazine fait usage de ces photographies pour construire trois récits différents et intentionnels des mêmes événements.
Mots-clés : Général de Gaulle – iconographie – image – Mai 68 – Paris Match – photographie, photoreportage en noir et blanc – photographie en couleur – récit – représentation – (...)
Résumé : Cet article se propose de revenir sur l’héritage de mai 1968 sur l’histoire du théâtre et des institutions théâtrales françaises, en questionnant les malentendus et les héritages méconnus. Délaissant la question proprement esthétique, il s’agit davantage d’interroger les usages de la Déclaration de Villeurbanne, texte issu de l’assemblée des directeurs de théâtres publics, tenue à Villeurbanne, au Théâtre de la Cité, dirigé par Roger Planchon, en mai-juin 1968. Encore présente dans la mémoire des hommes de théâtre pour avoir institué la notion contestée de « non-public », la Déclaration de Villeurbanne peut-elle être accusée d’avoir marqué le début d’un abandon de la préoccupation du public ? Quel rôle a-t-elle eu sur la création d’une identité collective au réseau du théâtre public ?
Mots-clés : Villeurbanne – théâtre public – décentralisation – politique théâtrale – non-public – action (...)
Résumé : Née d’une union non reconnue entre un fils de bonne famille et une femme de chambre, Violette Leduc trouve dans l’écriture autobiographique le moyen d’exercer un autre genre d’autorité. C’est l’incroyable autorité d’une bâtarde dont la stratégie poétique prend la forme du repentir, au double sens du sentiment de culpabilité et de la correction apportée à un tableau. Expression d’un re-trait sur le vif, les repentirs de La Bâtarde donnent à lire la vitalité surprenante d’une existence fautive, maladroite, sous rature, dont la tissure du texte magnifie la complexité.
Mots-clés : maladresse autobiographique ; genres ; adresse poétique ; autorité littéraire ; bâtardise biographique
Abstract : Born spuriously from the union between the son of a well-to-do family and a chambermaid, Violette Leduc finds the means of exerting another kind of authority through autobiographical writing. It’s the incredible authority of (...)
Suite à un article intitulé « Claude Simon et Sartre : les premiers romans » par Jean-François Louette, paru dans Cahiers Claude Simon n°3, Mireille Calle-Gruber fait une mise au point « Complément d’informations ».
Mireille Calle-Gruber prépare la Biographie de Claude Simon et travaille, avec une équipe de la Sorbonne Nouvelle, au Fonds Claude Simon.
Elle vient de publier aux Presses Sorbonne Nouvelle Les Triptyques de Claude Simon ou l’art du montage présentant des inédits : scenarii, découpages techniques, correspondances, textes, manuscrits, plans de montage, entretiens, films, photographies (DVD).
Résumé : Quelle place occupe la peinture dans la vie et la philosophie de Sartre ? A-t-il jamais rencontré des peintres qui puissent corroborer ses thèses ? Existe-t-il seulement une esthétique constituée chez ce philosophe qui semblait préférer les mots aux images ? Il semblerait plus juste, dans un premier temps, de parler d’une esthétique « par la négative », dans la mesure où les textes de Sartre à propos de la peinture sont rares, fragmentaires voire inédits ; qui plus est, son rejet de la peinture officielle et des musées semble dominer tout autant ses œuvres littéraires que philosophiques ; et quand il s’agira de définir la peinture, elle sera reléguée au rang d’ « art non-signifiant » au même titre que la sculpture, la poésie ou la musique, dans cette œuvre liminaire que représente en 1947 Qu’est-ce que la littérature ? : ce arts ne sont pas engagés « de la même manière » que la littérature. N’est-ce pas alors l’ambivalence de (...)
牛肉面,通常作成汤面的一种,以其主要用牛肉作料而得名。以牛肉块和卤包熬煮成整锅带肉汤汁,适量盛入大碗,再加上水煮过的面条,几枝青菜,洒上葱花,便成一碗热腾腾、香喷喷的牛肉面。浓郁的黑褐色汤汁上通常会飘着一层牛肉煮出的油,晶亮亮的油水不至全然蒙盖住里 (...)
Une première version de ce texte fut prononcée par Clarisse Herrenschmidt lors du Congrès Eurozine ’Crosswords X Mots-croisés’ qui s’est tenu à Paris entre le 26 et le 29 septembre 2008 à la Cité nationale de l’histoire de l’immigration. En présence de Michel Deguy, Ruth Wodak, Barbara Cassin, Gérard Wormser, Geert Lovink, Daho Djerbal, Edouard Glissant...
Le thème développé, discuté et débattu lors du congrès, qui réunissait environ 80 éditeurs venus de toute l’Europe, était le multilinguisme et le travail en réseau.
Alors que l’on associe habituellement la Tour de Babel à la multiplicité des langues, Clarisse Herrenschmidt affirme qu’au contraire c’est l’unicité de la langue qui est la cause de la construction de la Tour, c’est la multiplicité des langues qui met fin à la Tour, inachevée pour l’éternité (...)
Résumé : La notion de « genre érotique » met à mal la répartition habituelle des genres. Non pas qu’elle n’entre dans aucun genre ni qu’elle soit multi-genres. Bien plus, elle déplace la question du « genre », l’installe dans un espace « poreux », dans la jointure « précaire » du genre en tant que genre littéraire et genre sexué. Dans quelle mesure ?
Mots-clés : Genre ; Érotisme ; Jean Genet ; Écriture ; Différence sexuelle.
Abstract : The notion of the erotic as a genre jeapordises the usual repartition of the sexes. Not that “erotic genre” can be said to be simply refractory to gender, nor that one could content oneself with saying that the erotic is multi-gendered. Far more than that, it displaces the question of “genre”, installing it in a “porous” space, in a precarious joining of literary genre and sexual (...)
Résumé : Dans l’œuvre de Jean Genet, la question de l’écriture qui est celle de la littérarité est indissociable d’une réflexion sur le politique et l’éthique. Un des aspects les plus remarquables de l’écriture de Genet est justement la façon dont il montre leur imbrication. C’est cette double dimension de son œuvre qui sera prise en compte ici, dans une perspective philosophico-littéraire. Il s’agira de s’interroger sur les rapports du littéraire au politique et à l’éthique à partir de l’inscription de l’Histoire dans Pompes funèbres de Jean Genet. Cette interrogation concerne évidemment les relations de l’écriture de Genet à la mémoire et à l’Histoire, les articulations ou désarticulations qu’elle met en œuvre.
Mots-clés : Rose ; Sang ; Histoire ; Genre ; Michelet/Genet.
Abstract : In this work by Jean Genet, the matter of writing is one of literariness, which is inextricably (...)
Résumé : Cet article vise à déployer l’éventail sémantique du « genre » que la tradition, dans son désir de « définir » et d’ « identifier », réduit trop souvent en parlant soit de genre biologique (humain/animal/végétal), soit de genre sexuel (féminin/masculin), soit de genre textuel (littéraire/philosophique/sociologique) et littéraire autobiographie/poésie/essai). Or « la loi du genre » que formule Jacques Derrida dans l’essai éponyme ouvre le mot à sa littéralité : où le genre génère du « sujet » à la lettre. Troublant infiniment l’ordre canonique du savoir et du s’avoir, et donnant à découvrir au lecteur un « propre » genre de génération – sous le couvert du voile apocalyptique de la langue en littérature.
Mots-clés : Genres ; Genèse du sujet ; Sujets de l’écriture ; Voile de la langue ; Génération du texte.
Abstract : This essay aims at unravelling a whole semantic spectrum of "gender", which tradition, in its desire to "define" (...)
Résumé : Que signifie étudier les genres au pluriel ? Les phénomènes du travestissement font débat aussi bien dans la théorie littéraire que dans la sociologie. S’il n’existe pas de genre pur ou originel, il nous reste à étudier comment les genres se métamorphosent. Dans mon travail de recherche sur l’œuvre de Gilles Zenou, je suis confrontée à la difficulté d’étudier un auteur qui circule entre la fiction et la philosophie, les mythes et les contes, le féminin et le masculin.
Mots-clés : Genre ; Métamorphose ; Littérature ; Philosophie ; Religion ; Judith Butler ; Gilles Zenou
Abstract : What does it mean to write « genres » in plural ? The phenomena of transvestism are being discussed as well in the literary theory as in the field of sociology. If there is no pure or original gender or genre, we can only study how the « genres » are metamorphosing. In my research work on the Jewish-Moroccan-French writer Gilles Zenou, I am confronted to the (...)
Résumé : « C’est le soir et le niveau de la Garonne monte heure après heure dans l’obscurité ». Page après page, l’eau pénètre le texte, et toutes les parois, les bords-dures deviennent poreuses, perméables. Les identités se mélangent et le trouble envahit le texte, la narratrice, le lecteur… « Il faut attendre et surveiller ». Au fil de la montée des eaux les rencontres de la narratrice avec les femmes en vert se multiplient dans un hors temps comme des incarnations de la Garonne en débordement, de changer de socle. Autoportrait en vert de Marie Ndiaye est un ouvrage qui par sa structure et par son écriture questionne les notions de genre littéraires, photographiques, identitaires, normatifs en mettant en danger et en doute nos propres représentations du monde.
Mots-clés : Débordement ; Autoportrait ; Femmes en vert ; Genre ; Garonne ; Photographie
Abstract : « It’s the evening and the level of the Garonne is getting higher, hour after hour, in (...)
Résumé : La question des genres ne cesse d’interroger. Il s’agit ici de se demander si le genre théâtral n’est pas un lieu privilégié de réponse (non définitive) à l’interrogation générique. Par sa corporéité et son rapport à l’espace, n’est-il pas un lieu d’hospitalité pour le "qui ?" et le "quoi" ? La scène semble sans jamais la résoudre, accueillir et transcender la problématique des genres : terre de passage, de rencontre ultime des sujets et du sujet de l’œuvre. Lieu d’ouverture par excellence. Au sein de ses répliques et sur ses planches, le théâtre joue, avec gravité, du mélange des genres sexuels, grammaticaux, littéraires, artistiques... La scène peut-elle être le lieu ultime des dépassements en tous genres ? L’œuvre de Valère Novarina est un exemple significatif de cette recherche.
Mots-clés : Novarina ; Derrida ; Genres ; Sujet ; Scène ; Acteur ; Dépassement ; Déconstruction ; Hospitalité ; Le "qui" (...)
Il y a là plus qu’une adresse aux signataires des études présentées dans le séminaire de doctorat qui se tient chaque année en Sorbonne sous ma responsabilité et s’intitule : « Diversités culturelles, Différences sexuelles ». Plus qu’une adresse aux doctorants Anaïs Frantz, Sarah-Anaïs Crevier-Goulet, Abdereman Mohamed Saïd, Mélina Balcazar, Sirkka Remes, Elsa Polverel, Audrey Szebesta, ces pages entendent donner une réception à des travaux en tous points remarquables et y apposer comme une contre-signature.
Elles entendent dire qu’elles entendent. Et qu’il y a à continuer. À faire.
Ces pages, et toutes celles qui les précèdent et les ont suscitées, constituent une forme de correspondance – au sens plénier du (...)
Forts de la conviction qu’il est une pensée au poème, en poème, nous avons proposé que la poésie dans sa présence de réflexion et de création trouve à Sens public une place originale, en ouvrant cette page ’Polémoscope’.
Polémoscope : l’étymon, ici, devrait parler. Il s’agit bien d’entretenir un rapport batailleur de la pensée du poète avec l’événement & de donner à lire sa vision propre, autre, d’une actualité à long terme dont s’emparent en paroles spécialistes et médias.
Polémoscope : il s’agit aussi d’une petite lunette de théâtre de la fin du 18e siècle, laquelle, par un jeu subtil de miroir interne, permettait de visionner ce qui se passait sur les côtés, dans les loges voisines, tout en faisant croire que l’attention était rivée à l’action se déroulant sur la scène...
Polémoscope 1 – "Si l’on pose que certaines innovations techniques et/ou formelles ont pu modifier au 20e (...)
Forts de la conviction qu’il est une pensée au poème, en poème, nous avons proposé que la poésie dans sa présence de réflexion et de création trouve à Sens public une place originale, en ouvrant cette page ’Polémoscope’.
Polémoscope : l’étymon, ici, devrait parler. Il s’agit bien d’entretenir un rapport batailleur de la pensée du poète avec l’événement & de donner à lire sa vision propre, autre, d’une actualité à long terme dont s’emparent en paroles spécialistes et médias.
Polémoscope : il s’agit aussi d’une petite lunette de théâtre de la fin du 18e siècle, laquelle, par un jeu subtil de miroir interne, permettait de visionner ce qui se passait sur les côtés, dans les loges voisines, tout en faisant croire que l’attention était rivée à l’action se déroulant sur la scène...
Polémoscope 1 – "Si l’on pose que certaines innovations techniques et/ou formelles ont pu modifier au 20e (...)
Forts de la conviction qu’il est une pensée au poème, en poème, nous avons proposé que la poésie dans sa présence de réflexion et de création trouve à Sens public une place originale, en ouvrant cette page ’Polémoscope’.
Polémoscope : l’étymon, ici, devrait parler. Il s’agit bien d’entretenir un rapport batailleur de la pensée du poète avec l’événement & de donner à lire sa vision propre, autre, d’une actualité à long terme dont s’emparent en paroles spécialistes et médias.
Polémoscope : il s’agit aussi d’une petite lunette de théâtre de la fin du 18e siècle, laquelle, par un jeu subtil de miroir interne, permettait de visionner ce qui se passait sur les côtés, dans les loges voisines, tout en faisant croire que l’attention était rivée à l’action se déroulant sur la scène...
Polémoscope 1 – "Si l’on pose que certaines innovations techniques et/ou formelles ont pu modifier au 20e (...)
Forts de la conviction qu’il est une pensée au poème, en poème, nous avons proposé que la poésie dans sa présence de réflexion et de création trouve à Sens public une place originale, en ouvrant cette page ’Polémoscope’.
Polémoscope : l’étymon, ici, devrait parler. Il s’agit bien d’entretenir un rapport batailleur de la pensée du poète avec l’événement & de donner à lire sa vision propre, autre, d’une actualité à long terme dont s’emparent en paroles spécialistes et médias.
Polémoscope : il s’agit aussi d’une petite lunette de théâtre de la fin du 18e siècle, laquelle, par un jeu subtil de miroir interne, permettait de visionner ce qui se passait sur les côtés, dans les loges voisines, tout en faisant croire que l’attention était rivée à l’action se déroulant sur la scène...
Polémoscope 1 – "Si l’on pose que certaines innovations techniques et/ou formelles ont pu modifier au 20e (...)
Forts de la conviction qu’il est une pensée au poème, en poème, nous avons proposé que la poésie dans sa présence de réflexion et de création trouve à Sens public une place originale, en ouvrant cette page ’Polémoscope’.
Polémoscope : l’étymon, ici, devrait parler. Il s’agit bien d’entretenir un rapport batailleur de la pensée du poète avec l’événement & de donner à lire sa vision propre, autre, d’une actualité à long terme dont s’emparent en paroles spécialistes et médias.
Polémoscope : il s’agit aussi d’une petite lunette de théâtre de la fin du 18e siècle, laquelle, par un jeu subtil de miroir interne, permettait de visionner ce qui se passait sur les côtés, dans les loges voisines, tout en faisant croire que l’attention était rivée à l’action se déroulant sur la scène...
Polémoscope 1 – "Si l’on pose que certaines innovations techniques et/ou formelles ont pu modifier au 20e (...)
Somme théâtrale écrite entre 1967 et 1969, Par-dessus bord constitue l’envers de Mai 1968 : une épopée du capitalisme. Ce chef d’œuvre de Michel Vinaver est créé par Christian Schiaretti au TNP dans sa version intégrale pour la première fois en France. Il décrit la lutte d’une entreprise familiale française traditionnelle contre la concurrence agressive des États-Unis et sa transformation ultime en multinationale américaine dernier cri. Dans cette guerre des mondes se joue l’américanisation de notre société. S’y décident les fondements de notre monde moderne, de la libéralisation des mœurs à la mondialisation, du marketing à la société de consommation, du management à la civilisation des loisirs. À travers le prisme de l’entreprise, cette vaste fresque de trente comédiens et deux fois trois heures brasse les univers de notre révolution culturelle où se mêlent, dans une gigantesque comédie, dieux scandinaves et happenings new age, drame (...)
« Je ne saurais parler d’autrui », donc, seulement lui parler, « l’appeler au vocatif », lisons-nous. Mais lorsque il n’est plus possible de « lui parler », lorsque la mort rend l’adresse impossible ou tragiquement vaine, que peut-on faire ? Que faire, que dire quand vient, « chaque fois unique, la fin du monde » ? – Hommage de Marie-Louise Mallet à Jacques Derrida prononcé au Colloque Jan Hus de La Rochelle, juillet 2005.
Résumé : L’art vidéo est la première forme artistique à avoir eu une histoire avant même d’en avoir eu une. Cet article retrace l’histoire de la fabrication d’une catégorie par des institutions culturelles qui firent de l’outil le seul critère pour rassembler des travaux parfois sans rapport quant à leur nature. Il montre ainsi comment la raison de l’outil a progressivement pris le pas sur celle des intentions les plus subversives et comment les pratiques actuelles se trouvent fondamentalement redéfinies par cette histoire. Refermant le raisonnement historique sur la logique interne du champ de l’art contemporain, il est ici montré que les oeuvres se trouvent alors présentées comme appartenant à un enchaînement de ruptures et de continuités formelles, avec cette idée en perspective, que l’art est soucieux d’être toujours en phase avec les découvertes techniques de son époque. L’enjeu sera de comprendre comment, dans ce (...)
Résumé : Dans son article intitulé « Le cheval de Troie », Monique Wittig définit le travail de l’écrivain comme la recréation d’une vision, « mais il ne s’agit pas de celle des choses mais plutôt de la première vision des mots, dans sa puissance. […] Il faut en passer par un détour, et le choc des mots est produit par leur association, leur disposition, leur arrangement, aussi bien que par chacun d’eux dans son utilisation isolée. Le détour est le travail ». Plus loin, elle ajoute : « c’est dans ce détour que tient toute la littérature ». « Une pudeur impressionnante » s’attachera à mettre à nu ce « travail » des mots en littérature que le roman de Mireille Calle-Gruber intitulé Tombeau d’Akhnaton donne impudiquement à voir. Au point que se surimpressionne à la lecture l’intimité d’une écriture à l’œuvre au fil de la découverte du texte.
Mots-clés : Analyse poétique ; pudeur textuelle ; sujet de (...)
Résumé : Une lecture « politique » de Tombeau d’Akhnaton serait-elle possible ? Comme toute œuvre d’art, ce roman ne se laisse pas réduire à une lecture réductrice, et ne se laisse surtout pas déterminer par une analyse qui provient d’une discipline aussi hégémonique comme la science politique. Et pourtant. Tombeau d’Akhnaton, en tant qu’œuvre d’art, pense et questionne le politique en son cœur et ses fondements. Il donne à penser, autrement certes, mais tout aussi rigoureusement la souveraineté.
Abstract : Would a "political" reading of Tombeau d’Akhnaton be possible ? As any artwork, this novel is not allowed reduce to a reducing reading, and is not especially allowed determine by an analysis which results from a so hegemonic discipline as the political science. Nevertheless, Tombeau d’Akhnaton, as an artwork, thinks and questions politics in its heart and its foundations. It gives to think, otherwise certainly, but (...)
Résumé : La lecture suivante présente le dernier roman de Mireille Calle-Gruber Tombeau d’Akhnaton. Il s’agit d’y exhausser les fils de trame qui composent le texte. La narratrice à filer le temps le recompose, le reconsidère, interrogeant tour à tour : son histoire personnelle par sa généalogie féminine, l’histoire du film impossible du cinéaste Chadi Abdel Salam, ou encore la sidérante histoire d’Akhenaton. Ce mobile, que nous interrogeons autant qu’il nous interroge, pose des questions simples et pourtant essentielles, sur le temps, l’amour et la mort en ce qu’elles ont toujours à voir avec l’art : à commencer par l’écriture qui toujours nous précède.
Resumen : Esta lectura presenta la última novela de Mireille Calle-Gruber Tombeau d’Akhnaton (Tumba de Akenatón). Se intentará aquí retomar los hilos de la trama que componen el texto. La narradora al hilar el tiempo lo recompone, lo reconsidera, cuestionándose a (...)
Résumé : Comment lire l’histoire face à l’absence de traces ? Tombeau d’Akhnaton de Mireille Calle-Gruber fait le récit de cette illisibilité où littérature et cinéma tournent autour d’une même et impossible représentation du regard. Ici, la lettre, le dessin et la photographie seront des inscriptions qui rendront problématique toute tentative de séparer ce qu’on appelle l’esthétique ou les arts d’une prétendue Histoire au sens strict.
Abstract : This paper explores the unstable relationship between History and its traces. Mireille Calle-Gruber’s Tombeau d’Akhnaton raises the problem of the representation : how can literature and cinema represent the impossibility to represent past ? Letter, drawing and photography will be inscriptions that question the academic distinction between aesthetics and History.
Mot-clés : Vision ; Forme ; Savoir ; Irreprésentable ; Jacques Derrida ; Jean-Luc Nancy ; (...)
Dans cet article, David Annoussamy, d’origine indienne, donne une présentation du Tirou-koural. Cette œuvre majeure immensément traduite – elle vient immédiatement après la Bible – est l’oeuvre tamoule qui a fait l’objet du plus grand nombre de commentaires. Elle a inspiré tous les poètes postérieurs qui lui ont emprunté, jusqu’aux Européens qui l’ont étudiée et ont été conquis.
Résumé : Ce n’est pas seulement la date qui rapproche Les Statues meurent aussi et Les Voix du silence, mais une même problématique : qu’advient-il d’une création lorsqu’elle est annexée par l’art et le musée ? Le film semble être une réplique, polémique, à l’œuvre de Malraux : défense d’une empathie (Einfülung) que Malraux critique dans la mesure où elle ruinerait toute possibilité de métamorphose. Pourtant, par-delà les oppositions, une même affirmation est présente : celle d’un homme qui se dresse, par ses créations, contre le destin. L’universel qui s’esquisse alors ne saurait se réduire à celui au nom duquel l’Occident a trop souvent détruit les autres cultures.
Abstract : It is not only the date that brings Les Statues Meurent aussi and Les Voix du silence together but a same problematic : What happens to a creation when it is annexed by art and the museum ? The film seems to be a controversy, a reply to (...)
Résumé : Le film de Sidney Lumet, Douze hommes en colère, sera analysé comme l’exemple type d’une définition constructiviste et interactionniste de la vérité propre au cinéma politique.
Abstract : The aim of the following study of Sidney Lumet’s movie Twelve angry men is to propose a dynamic and interactive definition of truth, actually implied by main political movies.
Abstract : Il filmo La parola ai giurati diratto da Sidney Lumet sembra un paragone del filmo politico nel suo modo di definire la verita come il prodotto dell’interazione tra diversi protagonisti.
Résumé : En Amérique Latine le discours esthétique se rapporte souvent au politique. Au Brésil, le Mouvement Anthropophage a représenté une maturation de ce discours aspirant à la transformation politique. La démarche de Glauber Rocha suivant la morale anthropophage n’incorporera pas seulement le poème en tant qu’acte de résistance mais également en tant que praxis révolutionnaire. Une praxis révolutionnaire révélant une idée de vérité comme mode d’existence.
Abstract : In Latin America, aesthetic views often refer to politics. For years in Brazil, the Anthropophagous Movement was the expression of the gestation of those views aspiring to some political change. According to the anthropophagous code, Glauber Rocha’s reasoning will not only consider the poem as an act of resistance but as a revolutionary praxis as well. A revolutionary praxis which confirms the concept of truth as a way of (...)
Résumé : Camera Eye de Jean-Luc Godard : un essai politique filmé. Camera Eye, film militant de Jean-Luc Godard qui porte sur la guerre du Vietnam, n’est pas un banal film de propagande : s’il soutient de manière univoque la cause nord-vietnamienne, il ne manque pas de forcer le spectateur à s’interroger, car le film lui-même s’interroge sur l’acte de filmer. En effet, Godard, n’ayant pu se rendre sur place, contraint par l’éloignement, se demande comment filmer et que filmer. En réalité, cet éloignement convient exactement à sa pratique du montage compris comme rapprochement de choses qui ne sont pas disposées à être rapprochées, c’est-à-dire qui sont éloignées (par ex. Godard cinéaste et les Nord-Vietnamiens, ou Godard et les ouvriers français en grève, ou les différents opprimés dans le monde). L’éloignement peut être surmonté par le cinéma en tant qu’il nous permet d’être envahis par les images du conflit, et (...)
Résumé : Le film politique n’est pas un genre authentifiable immédiatement : distinguer entre cinéma civique et pédagogique, cinéma militant et cinéma de propagande permet d’y voir plus clair. Mais au-delà, la vocation réaliste au sens large du cinéma politique impose une conceptualisation plus aboutie. Sa politicité intrinsèque tient à ce qu’il est totalisation, c’est-à-dire production dialectique d’un signifiant universel, à l’occasion d’un singulier représenté, faisant résonner la tension « du » réel, qui ne se réduit pas à une collection de faits, en le hantant de ses ambiguïtés et de ses possibles, donc en le défatalisant. Ce qui affirme sa vocation libératrice.
Abstract : Political cinema is not a clearly identifiable film type, even if one can differentiate between three kinds of films : civil and educational, activist, and propaganda. Moreover, one must provide a real conceptual account of its realistic vocation in the broad (...)
Résumé : L’étude du cinéma politique nous permet de repenser le rapport entre philosophie, politique et esthétique : la vérité implique un effort sur soi qui permet de se dégager d’habitudes empêchant de voir la beauté du monde et suscite le désir d’une construction collective de la réalité.
Abstract : By studying political movies we are able to outline the link between philosophy, politics and art : the training on your own subjectivity, implied by the effort of knowing, induces a refreshing capacity of perceiving things outer us and a strong desire to collaborate in a social purpose.
Abstract : Studiare i filmi politici ci permette di studiare il problemo dei rapporti fra l’estetico, la politica e la filosfia : la construzione della verità necessita la costruzione di se stesso, un processo individuale e collettivo, intelletuale e (...)
Une écriture, c’est la communication d’un mouvement, d’un rythme, et non d’un savoir. C’est la transmission d’une expérience qui trouve une langue à ce qui échappe. L’écriture d’Artaud s’affronte précisément à cette interruption. Elle recueille cette suspension du sens, ce battement, ce spasme. Son pouvoir d’ébranlement réside dans cette syncope : Je n’ai jamais écrit que pour fixer et perpétuer la mémoire de ces coupures, de ces scissions, de ces ruptures, de ces chutes brusques et sans fond. L’œuvre est dérangeante, inquiétante, instable, inconfortable, d’une lecture dont on ne ressort pas indemne. Une lecture qui consiste à ne pas se saisir l’œuvre, s’en emparer ou se l’approprier, mais de se laisser travailler, dessaisir par elle. Mettre en scène cette parole dans l’espace, sur un plateau avec des acteurs, c’est se mettre à l’épreuve de ce (...)
J’aimerais confronter ici les points de vue de deux écrivains célèbres – François Mauriac et Jean-Paul Sartre – concernant les personnages de romans, ou plus précisément la liberté des personnages dans le roman. Je situerai tout d’abord la dispute dans le contexte littéraire tout en considérant les situations respectives de Mauriac et de Sartre. J’analyserai ensuite les reproches de Sartre concernant la liberté des personnages dans les romans de Mauriac, ainsi que l’argumentation qui les soutient. Puis j’étudierai les réactions de Mauriac à cette critique pour voir finalement les conclusions que l’on peut tirer de cette dispute.
Perché a vent’anni si è giovani davvero... Quale scenario istituzionale e politico si presenta davanti alle nuove generazioni del teatro italiano e con quali meccanismi produttivi dovranno misurarsi i nuovi gruppi che volessero trasformare la propria spontaneità in organizzazione ? Il teatro italiano si presenta all’inizio del terzo millennio incerto, confuso, vitale per irrequietezza, forte di passione e debole di Maestri. Ma cosa significa essere giovane nel teatro italiano ?
Cet article présente un portrait du poète belge Marcel Thiry (1897-1977) et sa manière originale de se démarquer, entre évolution et révolution, dans le contexte de la modernité et des avant-gardes françaises dans les années d’entre-deux guerres.
Résumé : Pour S. Beckett, la tâche de l’artiste est de trouver une forme qui accommode le gâchis et le désordre de la vie et du temps. En nous appuyant sur trois de ses œuvres dramatiques nous montrons comment il met en scène le gâchis et le désordre. Premièrement : la vie est un instant interminable (Souffle). Deuxièmement : la condition humaine est tragicomique, à cause du fait qu’on est né, à cause du fait que le tragique peut s’identifier avec le comique. Troisièmement : l’art scénique de Beckett est paradoxal : il impose des images jalousées dans leur manque mais radicales ; il propose une interaction essentiel avec tous les composants du langage dramatique. Ceci crée une multiplicité en profondeur (ce qui est représenté est apparemment simple mais devient complexe en interpellant nos expériences essentielles). Du suspens de l’attente, Beckett, retient l’instant qui s’évanouit, il impose le présent de la scène et rappelle que (...)
Résumé : Le but du présent exposé est de penser le rapport entre la notion de temporalité et celle de la vitalité, en se basant sur l’interprétation chromatique. En effet, la couleur jaune semble constituer un code univoque auquel les concepts du temps et de la vie s’avèrent inhérent. Dans l’histoire littéraire, le jaune traduit la notion du temps restreint, induit le concept de la temporalité délimitée et conduit à l’idée de vitalité démarquée. Si cette couleur persiste dans le temps, elle peut en fin de compte amener la cessation de la vie – autrement dit, conduire à la mort. Cette corrélation binaire entre le temps et la vie se poursuit à travers les siècles.
Abstract : In the course of its literary experience the yellow color seems to constitute a code to which the concept of time and life appear inherent. In the history of literature the yellow expresses the notion of the restricted time which leads to the concept of the delimited (...)
Malgré les objections, un rien paternalistes de Jouvet (« Parce que tu te figures qu’on attend que toi, en France ? Tu te figures que ton mari sera content de te voir revenir ?… Une femme, c’est du souci pour le soldat. »), Madame Delbo quitte la troupe à Rio-de-Janeiro et débarque en France le 15 novembre 1941. Elle a vingt-huit ans. « Reste, lui avait dit Jouvet une dernière fois alors qu’elle montait à bord d’un bateau brésilien à destination de Lisbonne, tu vas te jeter dans la gueule du loup. » Personne, alors, ne pouvait concevoir la nature de l’horreur qui attendait Madame Delbo, qui guettait des millions d’innocents
Résumé : Tex Avery serait-il un visionnaire de nos « mondes contemporains » (Marc Augé), de ce télescopage de cultures, d’espaces et de temps que nous rencontrons de plus en plus au travers des télé-technologies ? Nous en ferons l’hypothèse. Ce génie de l’imaginaire ne cesse de mettre en scène les visages de nos folies : les terreurs de n’être nulle part, les abîmes d’illusion qui ne nous séparent plus des autres fantomales, et ce sentiment, mélancolique, de devoir décider de son destin dans un contexte multi-situationnel : le multivers. C’est ainsi qu’il donne à penser la condition même de l’homme au contact de ce monde du spectacle qui se veut de plus en plus une fête planétaire.
Mots-clés : Tex Avery ; Psychopathologie ; Mondialisation ; (...)
Les écrits de Charlotte Delbo témoignent de l’effort de survie intellectuelle (et affective) auquel l’auteur s’est livrée dès son arrestation en mars 1942. Dans Les Hommes, pièce écrite en 1978, Charlotte Delbo décrit la vie des femmes incarcérées en attendant d’être déportées en camp de concentration. Le personnage "Françoise" va mettre en scène Un caprice, la charmante et innocente comédie de Musset, car : « Mettre en scène notre situation présente : des femmes qui sont enfermées dans un fort en attendant d’être déportées, des femmes qui inventent mille ruses pour passer le temps et tricher avec le destin comme si on pouvait l’esquiver, qui font des efforts surhumains pour ne pas penser à la menace de mort qui pèse sur elles, sur leurs maris ou leurs frères... Des femmes enfermées dans une aile de ce fort et qui sont toujours sur le qui-vive, qui font le guet par n’importe quelle fente dans l’espoir d’apercevoir les hommes (...)
Abstract : For a standard study of gender differences in the characters of modern cinema, the most evident possibility might be to examine the transformation of the typical heroes of the two most popular cinematic genres, that’s to say, in melodrama and action films. Choosing this course of action, however, would most certainly lead to a more or less rough generalization that, rather than reporting the progress of change in the cinematographic models of what we can call “a heroine” or “a hero,” would rather be just another contribution to the stereotyped images of contemporary women and men. It is for this reason that I chose – so as to show the inevitable differentiation of the two sexes - a cinematic concept that is completely different, that of Eric Rohmer. In his films, the representation of man and woman is not defined as the « politically correct » concept of the two sexes (that which has recently been very popular, especially in American (...)
Résumé : Si l’on veut réfléchir sur les différences de sexes de personnages au cinéma moderne, il s’offre la possibilité, la plus évidente peut-être, d’examiner les transformations des héros-types dans les genres les plus répandus au cinéma, c’est-à-dire dans le mélodrame et le film d’action. Or un pareil parcours mènerait sans doute à une généralisation plus ou moins grossière qui en effet risquerait d’être non pas un bilan de changement dans la conception de ce qu’on pourrait appeler « une héroïne » ou « un héros » cinématographique modèle, mais une autre contribution à l’image stéréotypée de la femme ou de l’homme contemporains. C’est pour cette raison que j’ai choisi – pour montrer l’inévitable différenciation des deux sexes – un concept cinématographique tout à fait différent, celui de Eric Rohmer, dans lequel la représentation de l’homme et de la femme ne passe pas par la définition « (...)
Avec les considérables travaux de P. Ricœur consacrés à l’œuvre littéraire — en particulier La métaphore vive (1975) et les trois volumes de Temps et récit (1982-1986), mais aussi les très nombreux articles et communications plus brèves —, l’élucidation de l’œuvre sous horizon herméneutique semble s’être imposée au détriment d’une approche plus strictement phénoménologique. En effet, la philosophie de Ricœur accomplit un tournant, au milieu des années soixante dix, d’une phénoménologie post-husserlienne (bien représentée par Le volontaire et l’involontaire ainsi que par de nombreux articles sur Husserl) à une herméneutique de l’existence humaine finie et facticielle qui allait interroger de manière constante la littérature. Ce tournant est antérieur aux travaux sur l’œuvre littéraire — il s’esquisse dans l’essai sur Freud de 1969 —, mais il a permis d’ouvrir la (...)
Résumé : L’entretien avec la philosophe française Marie-José Mondzain, directrice de recherche au CNRS et professeur à l’EHESS, a été réalisé à Paris en avril 2007. Il tend à mettre en évidence les principaux enjeux de son oeuvre et la particularité de son approche philosophique de la problématique de l’image dont elle est spécialiste et à laquelle elle a consacré plusieurs de ses livres, notamment Image, icône, économie, L’image peut-elle tuer ? et Le commerce des regards. Cet entretien a l’intention de repenser le problème de l’image plus particulièrement sous l’angle des relations qu’elle entretient avec le sujet et le pouvoir.
Mots-clés : Image ; Icône ; Idole ; Iconoclasme ; Économie ; Regard
Abstract : The interview with french philosopher Marie-José Mondzain, director of research in CNRS and professor in EHESS, has been realised in Paris in April 2007. It intends to present the most important points of her work and the (...)
En lisant les écrits de Mauriac consacrés à Gide, il nous apparaît clairement que malgré les attaques parfois violentes, le critique sévère manifeste pour son aîné de la compréhension. Par son ouverture d’esprit, il se distingue de certains de ses contemporains, écrivains et critiques catholiques comme Henri Massis et Paul Claudel. Ma communication visera à montrer d’une part les points de vue esthétiques, littéraires et religieux par lesquels Mauriac s’éloigne de Gide, et d’autre part l’attitude compréhensive qu’il lui marque.
Si je vous propose une lecture, ou plutôt une relecture de l’Histoire du chevalier Des Grieux et de Manon Lescaut, si je veux revenir encore une fois sur cette incomparable histoire d’amour, c’est qu’il me semble que la question des limites et de leur dépassement s’y pose inévitablement.
Résumé : D’après ce que nous enseignent les livres de sciences naturelles, des millénaires ont été nécessaires à la Terre pour donner naissance à Oscar Wilde. La gestation a été longue. Les époques et civilisations qui ont précédé sa naissance n’ont pourtant pas été inutiles. Elles ont fourni un parfait compost. Bien sûr, il y eut un choix à faire. Pour qu’Oscar Wilde naisse les dinosaures ont dû disparaître. Ils n’auraient pu co-exister, Wilde n’aurait pas toléré leurs manières grossières et leur habitude de piétiner les fleurs des champs.
Abstract : According to what books on natural sciences teach us, millennia were necessary for the Earth to give birth to Oscar Wilde. The gestation period was lengthy. The epochs and civilizations preceding his birth were nevertheless not unuseful. They generated the perfect mixture. Certainly, there was a choice to be made. For Oscar Wilde to be born, dinosaurs had to disappear. They could not have coexisted, (...)
Resumo : O objetivo do artigo é destacar os paradigmas essenciais da literatura naturalista exposta por Émile Zola no romance Thérèse Raquin. Para tanto, é preciso entender a revolta do escritor francês face as objeções que lhe foram endereçadas pela crítica especializada que jamais admitiu a amoralidade na literatura. A indignação de Zola consiste na incompreensão desses críticos perante o método científico usado na literatura, uma vez que este assinala a exclusão da liberdade através da universalidade da relação causa-efeito ; porém, é necessário ficar atento para o fato da Ciência ressaltar que o problema da criação do homem representa na verdade a “criação do problema”. Palavras-Chaves :
Palavras-chaves : Amoralidade ; Liberdade ; Ciência
Abstract : On the preface of Thérèse Raquin – The objective of the article is to highlight the essential paradigms of the naturalist literature exposed by Émile Zola in the novel Thérèse Raquin. Therefore, it is necessary (...)
Résumé : Une bouteille de vin Lalanne (la plus ancienne cave du Somontano de Huesca), récolte 1936, surgit dans la maison d’un Russe qui, ayant fait partie des Brigades internationales, a participé en qualité de brancardier à la guerre civile espagnole. Irina, nièce du combattant défunt, raconte avec fierté et ferveur les souvenirs de son grand-père à des Espagnols qui voyagent vers Goristy, au bord de la Volga. Les voyageurs sont fascinés par la relique, sœur jumelle de l’exemplaire que l’on croyait jusqu’à présent unique de la collection des sommeliers de Barbastro. Ils aimeraient acheter la bouteille. Mais la force des souvenirs passionnés de Irina les incitent à la prudence.
Somontano 36 fait partie de Hermanos de sangre, Madrid, Páginas de espuma, 2006.
Resumen : Una botella de vino Lalanne (la más antigua bodega del Somontano oscense), cosecha de 1936, aparece en la casa de un ruso que participó como camillero en la contienda civil española, (...)
Résumé : Lycanthropie (Itinéraire pour un roman) est une longue histoire faite de vrais et de faux documents. De voix de personnages dont celle du romancier lui-même. D’itinéraires réels et d’itinéraires littéraires. De vrais manuscrits et de manuscrits inventés. De lettres authentiques et de fictions en forme de lettres. De contes, de confessions, d’invectives, de pamphlets, de vaudevilles, de photographies faites de mots et de vraies photographies. L’ensemble est un puzzle, un artéfact complexe qui appelle la complicité du lecteur et que l’auteur a conçu pour recréer la vie et l’œuvre d’un auteur maudit, Petrus Borel, une époque, une ville et une situation. Lycanthropie (Itinéraire pour un roman) a quelque chose d’un manifeste intellectuel. Dans le fragment choisi, Petrus, entouré d’amis –Liszt, Victor Hugo, Théophile Gautier et Jean-Louis (personnage sorti de l’œuvre de Petrus, que l’auteur du (...)
Esta novela de Roberto Gac cuenta la historia del indio Huenchuyán, de la región austral de Chile.
Cette nouvelle de Roberto Gac raconte l’histoire de l’Indien Huenchuyán, mapuche de la région australe du Chili.
Les films documentaires, ou films ayant vocation à révéler le réel, sont communément considérés comme n’appartenant pas au champ des films de fiction. Ce sont là deux formes de cinéma, aux fonctions distinctes : le premier se réclame de la raison, le second se réfère à l’imagination, l’un sert à approfondir notre compréhension du réel, l’autre sert à s’en évader. Ce système binaire est d’ailleurs renforcé par l’existence de deux régimes de financement et de distribution. Mais à bien y réfléchir, cette distinction résiste-t-elle à la critique ? Sur quels critères repose cette opposition entre un cinéma de réalité et un cinéma narratif ? En quoi y a-t-il une limite, et où tracer la frontière ? Et que faire de tous les films qui se jouent de cette distinction commode ? Interrogation sur la limite entre deux formes de cinéma, notre réflexion devra en passer par une interrogation connexe sur le sens même de la (...)
Résumé : À lire le Journal du voleur de Jean Genet, il est possible de penser l’étrange alliance entre ce que Jacques Derrida appelle dans Donner la mort “l’irresponsabilité orgiaque” et l’extrême responsabilité de l’individu face au secret qui le constitue en tant que promis à la mort, à sa mort. À propos de Genet, de son “cas”, ne pourrait-on pas penser à une paradoxale responsabilité orgiaque ? Une responsabilité tout autre que celle pensée par Sartre, justement. Une responsabilité liée au désir, à un certain désir. Cette responsabilité orgiaque consisterait ici d’abord et surtout à assumer son chant. C’est-à-dire à assumer le paradoxe de la propriété et de l’impropriété de ce chant, à prendre la source de ce chant comme quelque chose de très propre et de très étranger à “soi”, en assumant en même temps l’autonomie de ce chant par rapport aux choses chantées.
Mots-clés : Genet ; Autobiographie (...)
A partir du mois d’octobre 2003, j’ai commencé un petit carnet dans lequel je consignais impressions et sensations suscitées par mon état de profond désespoir, ma grosse dépression - je ne vois pas pourquoi je m’interdirais d’user du terme médical -, ou le(s) caractérisant. Ce qui a motivé le commencement de ce carnet était notamment le texte de Clément Rosset, Route de nuit. Route de nuit est considéré, d’après ce que j’ai pu lire çà et là, comme remarquable en ce qu’il retranscrirait avec une acuité particulière l’état dépressif, en ce que Rosset y ferait montre d’une qualité d’auto-observation qui ne serait pas évidente au cœur de la dépression. Or je ne me suis pas du tout reconnu dans le texte de (...)
This paper was first presented in French at the International Phenomenology Colloquium at the Catholic University of Porto Alegre, Brazil, June 2006. English translation by Wilson Baldridge.
Résumé : Shakespeare, monument de la littérature anglaise, inspire les dramaturges modernes et nourrit la créativité des metteurs en scène. Harold Pinter et Joseph Losey ne font pas exception à la règle : dans le film The Servant, ils développent et exploitent une symbolique des espaces héritée de la structure en étages des théâtres à ciel ouvert de l’Angleterre élisabéthaine. Par le truchement d’une référence culturelle partagée avec leur public, ils dressent le portrait d’une société britannique socialement hiérarchisée, figée par des rapports de pouvoir qui sont les vestiges de l’impérialisme et de l’aristocratie dominante du 19e siècle.
Abstract : Shakespeare, the greatest landmark in English literature, still inspires modern playwrights and enriches the work of stage and film directors alike. Harold Pinter and Joseph Losey are no exception to the rule : in The Servant, they develop and use a symbolism of space that is inherited from the (...)
Resumen : Jesús regresa a sus raíces, sumidas en un pueblo recóndito del Maestrazgo castellonense o turolense. Deja atrás una ciudad vertiginosa, Barcelona, y una situación anímica y familiar de la que necesita huir al menos durante un largo puente. Va al reencuentro de una casa ancestral que desconoce, de unos parientes olvidados, de un pasado. Desea sumirse en lo que él llama un “proceso de criba”, de “desprendimiento”, la “desnudez”. Porque es “al borde de la muerte donde se condensa el valor de la vida”. La muerte, el silencio, y, por el momento, las palabras justas, que caen como versos sueltos, como rémoras de vida. Pero la realidad que ha dejado atrás no deja de perseguirle e irrumpe al final de este capítulo como un puñetazo urdido de tumultos.
Résumé : Jesús retourne à ses racines, enfouies dans un village du fin fond du Maestrazgo de Castellón ou de Teruel. Il laisse derrière lui une ville vertigineuse, Barcelone, une (...)
Resumen : Somontano del 36 forma parte del volumen Hermanos de sangre, Madrid, Páginas de espuma, 2006. Una botella de vino Lalanne (la más antigua bodega del Somontano oscense), cosecha de 1936, aparece en la casa de un ruso que participó como camillero en la contienda civil española, formando parte de las Brigadas internacionales. Irina, nieta del ya fallecido combatiente, enseña con orgullo y fervor los recuerdos de su abuelo a unos españoles que viajan hasta Goristy, a orillas del Volga. Los viajeros se sienten fascinados por la reliquia, hermana gemela del ejemplar que hasta entonces se creía único, y que forma parte de la colección de los bodegueros de Barbastro. Llegan a insinuar la compra de la botella. Pero la fuerza del recuerdo apasionado de Irina acaba por imponer la cordura.
Résumé : Somontano 36 fait partie de Hermanos de sangre, Madrid, Páginas de espuma, 2006. Une bouteille de vin Lalanne (la plus ancienne cave du Somontano de Huesca), récolte 1936, surgit dans la (...)
Resumen : Presento a continuación un puñado de poemas entresacados de tres libros. Dos ya fueron publicados, me refiero a El Cielo (Barcelona, DVD Ediciones, 2000) y Resurrección (Madrid, Visor, 2005, XV Premio Jaime Gil de Biedma). Doy también un poema inédito, el titulado “La lluvia”, que pertenece a un libro en el que estoy trabajando desde hace un tiempo y que lleva por título Calor. Creo que estos poemas son una muestra oportuna de los temas y de las formas en que se desenvuelve mi poesía.
Résumé : Voici quelques poèmes sélectionnés dans trois livres. Deux ont déjà été publiés, El Cielo (Barcelona, DVD Ediciones, 2000) et Resurrección (Madrid, Visor, 2005, XV Premio Jaime Gil de Biedma). Il y a également un poème inédit, intitulé « La lluvia », qui fait partie du livre sur lequel je suis en train de travailler depuis un certain temps et qui a pour titre Calor. Je crois que ces poèmes illustrent bien les thèmes et les formes que je traite dans ma (...)
Resumen : Fragmento de la novela Nembrot, Barcelona, DVD Ediciones, 2002. José María Pérez Álvarez rompe en Nembrot la frontera entre la primera y la tercera persona narrativas, elabora un riquísimo puzzle de textos de toda índole, borradores confesionales convertidos en bolas de papel que los personajes rescatan subrepticiamente de la destrucción... La novela contiene tramos que se leen como espléndidas joyas del género corto : “La pasión según Bralt”, por ejemplo, o el divertido homenaje a Álvaro Cunqueiro y a ese Mondoñedo al que sólo la invención literaria de su autor y la de sus lectores confieren realidad. No es frecuente leer hoy una novela que arriesgue tanto, que hunda las manos en los grandes maestros contemporáneos (Joyce, Beckett o Nabokov, citados de modo más o menos explícito en el texto), y que obtenga un material narrativo tan rico [José Giménez Corbatón : Nembrot : Ficción de ficciones, Literatura, en Artes y Letras, 22, Suplemento literario de Heraldo (...)
Resumen : Pertenecientes al volumen El coleccionista de láminas, que aparecerá en mayo de 2007 en Mira Editores, Zaragoza. José Luis Rodríguez García vuelve en su último libro al relato breve, en el que ya había demostrado su valía con el volumen “Fotogramas del diluvio” [Madrid, Huerga y Fierro Editores, 2000]. Sabe condensar tensión narrativa, variedad de escenarios y un conocimiento profundo de la historia y del pensamiento de nuestro tiempo. Cuida la prosa como pocos escritores de nuestro presente literario. Es capaz de parafrasear o de elaborar juegos intertextuales de modo que su escritura no deje nunca de ser suya. De un tramo a otro, exige la atención del lector y lo lleva a disfrutar con inteligencia, sin desfallecimientos, de mundos narrativos que no ofrecen fisuras. José Luis Rodríguez García es uno de los narradores más interesantes del panorama literario español actual, por su independencia, su honestidad intelectual y su confianza en los lectores [José (...)
Resumen : Licantropía (Itinerario para una novela) es una larga narración hecha de documentos verdaderos y de falsos documentos. De voces de personajes, entra las que se cuenta la del propio novelista. De itinerarios vitales y de itinerarios literarios. De manuscritos reales y de manuscritos inventados. De cartas auténticas y de ficciones en forma de cartas. De cuentos, de confesiones, de exabruptos, de panfletos, de vodeviles, de fotos hechas de palabras y de fotos verídicas. El conjunto es un puzzle, un complejo artefacto que exige la complicidad del lector, y que el autor ha ideado para recrear la vida y la obra de otro autor maldito, Petrus Borel, y una época, y una ciudad, y un posicionamiento. Licantropía (Itinerario para una novela) tiene algo de manifiesto intelectual. En el fragmento elegido, Petrus, rodeado de amigos –Liszt, Victor Hugo, Théophile Gautier o Jean-Louis (personaje extraído de la obra de Petrus, que el autor de la novela hace pasar por real)-, evoca, (...)
Resumen : Arturo, un joven informático aficionado al teatro, regresa al domicilio familiar turbado por la muerte de su abuelo. Pronto descubre un inquietante parecido físico y gestual con el difunto. Las revelaciones del viejo y la sensualidad de su prima Carla, con quien ha compartido el viaje, chocan con la vulgaridad cotidiana. El veneno de la herencia y la posibilidad de imitar a los protagonistas de “Ada o el ardor” viajando por el mundo aceleran la trasformación del joven. Arturo descubre asombrado que desprecia a sus padres y aborrece su pasado mediocre. El poderío de las ensoñaciones y el fuego frío de la ambición sacuden como un temblor su vida anodina.
Résumé : Arthur, jeune informaticien amateur de théâtre, revient à son domicile familial, perturbé par la mort de son grand-père. Soudain il remarque une ressemblance physique et gestuelle inquiétante avec le défunt. Les révélations du vieillard et la sensualité de sa cousine Carla, avec laquelle il voyage, (...)
Resumen : En el artículo que remito, reflexiono sobre la evolución de la carrera literaria del escritor catalán Enrique Vila-Matas. Su compromiso con la literatura como artefacto ficcional que incide en los límites de la representación de la realidad, que son también los límites de la imaginación, me sirve para enmarcar a Vila-Matas en un horizonte postmoderno e indicar cómo ha pasado de la impostura necesaria del estilo - “Historia de la literatura portáti” - a un ensimismamiento literario proclive a modas y mercantilismos - “Bartleby y compañía”-. También adjunto dos poemas, independientes del artículo, que pertenecen al libro “En otra parte”.
Résumé : Dans cet article, je réfléchis sur l’évolution de la carrière littéraire de l’écrivain Enrique Vila-Matas. Son engagement dans la littérature comme artéfact fictionnel qui touche aux limites de la représentation de la réalité, qui sont également les limites de l’imagination, (...)
Relato extraído de "Frío de vivir", Barcelona, Salamandra, 1997, reedición 2004. Fragmento traducido por Odile Bouchet.
Récit extrait de "Frío de vivir", Barcelone, Salamandra, 1997, réédition 2004. Fragment traduit par Odile Bouchet.
Pertenecientes al volumen Este mensaje es para ti que tienes mucha soledad como yo, Madrid, Huerga y Fierro, 2000. Próximamente aparecerá la edición francesa en edición bilingüe en esta misma editorial de Toulouse, Le Grand Os, en traducción de Aurelio Diaz-Ronda.
Ces poèmes appartiennent au volume "Ce message est pour toi dont la solitude est aussi grande que la mienne", Madrid, Huerga y Fierro, 2000. L’édition française bilingue paraîtra chez "Le Grand Os" (Toulouse). Traduction Aurelio Diaz-Ronda.
Resumen : Urco, el perro del mar tiene algo de cuento de terror. Aborda una figura compleja de la mitología popular gallega que ha sido observado de mil formas posibles. El texto ha sido presentado en forma de reportaje o de investigación, en una suerte de inventario de casos que se acercan mucho a los documentados por los estudiosos. En Galicia se perciben los aparecidos, los fantasmas, estos perros al acecho, y el mar es como un arsenal de misterios. El relato tiene algo de historia de terror. Debía formar parte de mi último libro,” Golpes de mar” (Destino, 2006), pero al final me pareció que, en realidad, debe figurar en un libro diferente, en uno de zoología fantástica, que escribiré algún día.
Résumé : Urco, chien de mer a quelque chose du récit d’épouvante. Il traite d’un personnage complexe de la mythologie populaire de Gallicie, personnage qui a déjà été étudié de mille façons. Le récit se présente sous forme de reportage, d’investigation, (...)
La caractéristique essentielle de la traduction tchèque des textes français, entre 1945 et 1953, tient à sa profonde modification. Les années 1948-49, lorsque les communistes s’emparent du pouvoir et commencent à appliquer leur politique culturelle, constitue une frontière entre la politique éditoriale (relativement) libre des années 1945-1948 et celle ultérieure pendant laquelle presque tous les projets éditoriaux sont soumis à des critères de compatibilité avec l’idéologie communiste dominante. Mais la traduction tchèque du français se poursuit dans des réseaux bibliophiliques.
Les textes de la théorie et de la critique littéraire françaises des années 1960 et 1970 (Roland Barthes, Paul Ricœur, Gérard Genette et autres), sont devenus des « classiques » en France et en Europe occidentale. Nous savons par exemple que les recherches narratologiques de Genette (dans ses Figures) ou de Todorov sont aujourd’hui une méthode « scolaire » d’analyse textuelle. Or, ces textes commencent à être plus systématiquement traduits en Europe centrale, notamment en Slovaquie, depuis seulement une dizaine d’années ; plus exactement depuis la fin des années 90. Il se produit donc une situation assez curieuse : ces textes ou les synthèses sur ceux-ci - qui ont joué un rôle important, voire presque« révolutionnaire » dans la pensée critique des années 1960-1980 - se retrouvent souvent pour la première fois dans un autre espace culturel avec un décalage de plusieurs (...)
Dans cet article, David Annoussamy analyse les étapes et les évolutions de la littérature tamoule, considérée dans ses différents genres, de la période antique à nos jours.
Toute l’œuvre de Julius Zeyer (1841-1901) est marquée par la recherche de la vérité et la quête du bien. Ce sont en même temps les traits essentiels de son être, de son existence. En étudiant les religions et les pensées philosophiques de différentes nations, Zeyer a choisi en elles tout ce qui correspondait à son âme, à son désir et à ses idées d’une humanité meilleure. L’oeuvre de cet auteur tchèque, si différent des autres auteurs de son époque, exprime la tolérance suprême au nom de la vérité. Si nous nous concentrons sur les ouvrages dans lesquels Zeyer a adapté des compositions anciennes, nous trouvons une chanson qui s’accorde bien à tout ceci. Il s’agit de La Chronique de saint Brandan, paraphrasant une chanson médiévale du 12e siècle : Les Voyages merveilleux de saint Brandan à la recherche du Paradis terrestre.
Tolérance et différence, ces deux notions si importantes au sein de toutes les relations humaines peuvent être aussi bien analysées dans le domaine de la littérature en général que dans celui des littératures francophones en particulier. Nous allons ainsi entreprendre une analyse succincte, en partie historique, en partie thématique, de l’inscription de ces deux attitudes dans le texte littéraire, tout en nous bornant à quelques exemples choisis. Si notre choix se limite présentement au domaine des littératures francophones, c’est parce qu’elles nous semblent particulièrement propices à une telle analyse. Car, non seulement les textes eux-mêmes, mais aussi de nombreux discours critiques voire politiques témoignent de la présence incontournable de certaines oppositions en rapport étroit avec la tolérance et la différence, désignées par toute une série de dénominations telles que « dominants et dominés », « le même et l’autre », pour ne citer que ces deux (...)
Les deux parties de Don Quichotte ont été traduites en français par Oudin (première partie en 1614) et Rosset (seconde partie en 1618) pour devenir un des livres préférés du public français. A. Cioranescu et M. Bardon notent la qualité médiocre des traductions qui souvent ne respectent pas le texte original et suppriment les passages incompréhensibles ou considérés comme maladroits, suivant la pratique habituelle des traducteurs de l’époque. Les lecteurs français qui n’ont pas accès à la version espagnole ne semblent pourtant pas moins attirés par les aventures de don Quichotte. Dans notre communication nous proposons d’étudier la réception de Don Quichotte dans l’espace français au 17e siècle et d’observer les diverses approches, représentées par l’attitude de Pierre Perrault, Saint-Evremond et Charles Sorel, qui caractérisent la manière dont le milieu littéraire français a accepté, toléré ou refusé les éléments de l’écriture cervantine. (...)
Depuis la parution des Liaisons dangereuses en 1782, jusqu’à nos jours, les lecteurs du chef-d’œuvre de Choderlos de Laclos se trouvent fascinés par le personnage énigmatique de la marquise de Merteuil. En dépit de sa condamnation immédiate et quasi unanime, il est clair aujourd’hui qu’il serait quelque peu réducteur de ne voir en elle qu’un « Tartuffe femelle ». Essayons donc de comprendre, au moins en partie, ce qui se cache sous le masque de la marquise, l’une des femmes les plus redoutables de la littérature française.
La série « Palettes » d’Alain Jaubert, consacre chacun de ses films documentaires à l’analyse d’un grand tableau de l’histoire de l’art occidental. Cette démarche soulève la question de la méthode employée pour résoudre le problème commun à tous les films pédagogiques à destination du grand public : comment est réalisée la nécessaire conciliation entre la traduction cinématographique d’un savoir complexe, et l’impératif sinon du divertissement, du moins du plaisir du spectateur ? Cet article cherche à mettre en lumière les principes de réalisation, à comprendre la structure-type de chaque épisode, et à saisir ce qui fait le style de la série. L’analyse s’appuie sur le documentaire consacré au Verrou de Fragonard, intitulé L’Amour dans les (...)
Michel Deguy, poète et philosophe, délivre ses réflexions au sujet du faire-mal de la poésie, "occupation la plus innocente" selon la citation de Hölderlin, et nous offre une mise en voix de son texte, enregistrée chez lui en mars 2007 (format mp3).
L’objet de cette communication est d’étudier les différences entre deux traductions tchèque et slovaque d’un même poème de Francis Jammes, Prière pour aller au paradis avec les ânes. Chaque oeuvre littéraire est singulière et originale, tout comme l’est chaque traduction. Mais les traductions différentes d’un même texte peuvent cependant avoir des traits communs.
Cette étude sur Claude Cahun est la trace de séminaires sur « Les Créatrices surréalistes » et « Qu’est-ce qu’une œuvre ? » qui ont eu lieu à l’Université Paris VIII - Vincennes à St Denis en 2002-2003. Photo : Claude Cahun, autoportrait, 1927. Voir aussi le texte publié en ligne : Yi-lin Lai, Les impossibles autoportraits de Claude Cahun, revue Sens Public, mars 2007.
En 1980, dans le numéro 85 de Tel Quel, Philippe Sollers affirme : « [...] nous avons revécu une vieille aventure à laquelle sans doute, nous avons nous-même mis fin, qui est l’aventure de toutes les avant-gardes occidentales au vingtième siècle : la contradiction entre l’art et l’engagement politique. » Sollers déclare ouvertement que Tel Quel est tombé lui-même dans ce dont il voulait se démarquer. L’engagement politique et, plus précisément, la voie marxiste, représente en ce sens l’impasse dans laquelle s’était engagé le Surréalisme et qui a également tenté le groupe tel queliste. Photo : les auteurs du Nouveau Roman en 1959, Alain Robbe-Grillet, Claude Simon, Claude Mauriac, Jérôme Lindon, Robert Pinget, Samuel Beckett, Nathalie Sarraute (photo de Claude Ollier Mario Dondero, Éditions de (...)
Cette étude sur Claude Cahun est la trace de séminaires sur « Les Créatrices surréalistes » et « Qu’est-ce qu’une œuvre ? » qui ont eu lieu à l’Université Paris VIII - Vincennes à St Denis en 2002-2003. Photo : Claude Cahun et Marcel Moore, sans titre, 1928 (Frye Art Museum, Seattle WA)
L’étiquette « œuvre engagée » recouvre une grande diversité de pratiques et de formes. Au cours des années 1960, des œuvres d’un genre nouveau apparaissent, œuvres qui s’interrogent sur la possibilité, la légitimité et le fonctionnement de l’engagement artistique : œuvres réflexives, œuvres critiques, œuvres de déconstruction. L’exemple de films français consacrés à la révolution cubaine permet de voir comment l’actualité ou les revendications politiques sont concurrencées par des questions de représentation, d’idéologie, de guerre des images. Nous nous proposons d’analyser en quoi ces « œuvres engagées critiques » sont travaillées par un double souci rhétorique : la critique de la rhétorique politique, considérée comme idéologique, et la rhétorique de l’engagement critique. Cet article a fait l’objet d’une communication au Congrès de l’AFECCAV (Aix, 14-15-16 septembre (...)
La littérature européenne a traversé les époques, elle s’est forgée une histoire dont nous sommes les héritiers. L’écrivain a toujours été un passeur d’idées. Sa manière de ré-pondre à son temps est d’être son porte-parole. Certes « le style, c’est l’homme », mais le texte crée une autre dimension de l’être de l’écrivain. Il le transcende. Ainsi la subjectivité de l’écrivain, qu’il le veuille ou non, est toujours déjà dépassée par la langue dans laquelle il s’exprime, sans parler du sens dont il n’est pas l’unique détenteur. De ce fait, toute œuvre littéraire est traduction et se situe au carrefour de plusieurs mondes. En d’autres termes, l’intertextualité est à l’origine de tout (...)
Pas plus que la musique ou la littérature, la peinture n’échappe à des modes de dérivation qui définissent les pratiques d’art au second degré. La littérature suppose la réécriture, comme nous le rappelle, après l’Ulysse de Joyce, le premier Faust latino-américain de Roberto Gac La Société des Hommes Célestes, et la peinture est aussi ancienne que la transformation picturale. L’époque contemporaine a sans doute, plus qu’aucune autre, développé les investissements ludico-satiriques que sont les équivalents picturaux de l’allusion, de la citation, de la parodie, du pastiche et du travestissement. En revanche, la manière dont Braun-Vega revisite les chefs-d’œuvre de la peinture occidentale, ne peut se réduire à des effets de dérision. Tout se passe comme si voir ses images nous aidait à mieux savoir notre histoire. En effet, s’il récuse la position de peintre engagé en lui préférant celle de témoin, l’artiste pratique un art (...)
Partiremos del concepto de "intertextualidad" acuñado en los años 70 por la crítica literaria Julia Kristeva que demuestra como cualquier texto futuro no puede ser sino un diálogo con textos anteriores, una glosa. Todo texto es un intertexto, otros textos se encuentran insertos en un texto bajo formas más o menos reconocibles. Este movimiento literario se ha dado en todas las artes y ha propiciado en música el término intermusicalidad ; neologismo que en España se ha denominado "Música sobre músicas" cuando uno o varios textos musicales preexistentes se han reestructurado dándoles un nuevo sentido. Puede usarse la técnica del "collage" o entenderse la intermusicalidad como arte fónico y de sonidos de la naturaleza, así como fusión de culturas en los procesos interculturales. El término anglosajón utilizado es Borrowing : préstamo. Hertz en 1993 propuso para la música la palabra intertexturalidad en Angels of Reality. Ingrid Monson, etnomusicóloga y profesora asistente en el (...)
Si les mots "interpictural", "interpicturalité" n’existaient pas (comme les mots "intertextuel","intertextualité" n’existaient pas avant 1960), l’œuvre de Herman Braun-Vega, peintre né à Lima en 1933, serait là pour les rendre nécessaires. Deux expositions réunissant une partie importante de la production de cet artiste ont eu lieu à Paris en 2002 (Galerie du Centre et Maison de l’Amérique latine), suivies d’une troisième au début de l’année 2003 à l’Université Catholique de Lima et, récemment, d’une autre au Carrousel du Louvre (Art-Paris, septembre 2003). La série spectaculaire de ses tableaux peints à partir des années cinquante, confirme que la "beauté" - celle laissée en héritage par les grands maîtres de jadis - est encore présente dans l’art d’aujourd’hui et cela par la magie d’un peintre métis hors du (...)
Nous partirons du concept d’ "intertextualité" élaboré dans les années 70 par la critique littéraire Julia Kristeva, qui a démontré que tout texte à venir ne peut exister sans un dialogue avec des textes préexistants, une glose. Tout texte est intertexte, car d’autres textes sont insérés dans un texte de base sous des formes plus ou moins reconnaissables. Ce mouvement littéraire s’est étendu à tous les autres arts et a pris le terme d’"intermusicalité" pour ce qui concerne la musique.
Les analystes politiques recourent de plus en plus au couple « mondialisation / implantation locale » pour penser notre monde en réseau contemporain, et tendent de ce fait à évacuer du débat voire à invalider le cadre de l’Etat-Nation. L’idéologie sous-jacente à cette ambition descriptive doit donc être interrogée, de même que ses conséquences théoriques mais aussi directement politiques. A partir d’un rappel historique sur les conditions d’existence de l’Etat-Nation dans ce cadre, nous étudierons les enjeux de la revendication grandissante de sortie de ce cadre. Les artistes de théâtre ont entretenu deux types de relation à l’Etat, corrélées à deux types de positionnement sur l’échiquier politique. C’est donc l’évolution parallèle de la conception de l’Etat et du théâtre que nous étudierons, à partir des cas du théâtre populaire et du théâtre d’intervention. Mots-clés : Mondialisation, Altermondialisme, Théâtre (...)
Résumé : En 1945, Albert Camus fait représenter son Caligula, pièce dans laquelle il fait du monstre de l’historiographie romaine une incarnation de la révolte métaphysique causée par la conscience angoissée de l’absurde. Si les dieux ont fui, l’homme, libéré de la prescription et de la sanction, et abandonné à une radicale solitude, est libre. Face au néant qui néantise, il peut prendre le parti de l’essentielle équivalence des êtres et des choses et hâter cette mort qui, quoiqu’on en ait, (...)
Une première version de ce texte fut prononcée en conférence au Colloque International de Phénoménologie de l’Université catholique de Porto Alegre (Brésil, juin 2006).
Cet article propose, à partir d’un cadre théorique élaboré par Winnicott, une étude des processus en jeu dans l’activité de jeu dramatique menée en classe. L’acte d’apprentissage comme celui de création est une prise de risque. En intégrant le jeu dramatique en son sein, l’école intègre au parcours de formation qu’elle propose, la prise de risque inhérente à l’acte d’apprentissage comme à celui de création. L’accent est placé sur, d’une part les conditions nécesaires à l’émergence du jeu (...)
Il s’agissait de prendre contact avec l’œuvre par l’écriture achevée et non par le spectacle. Cela peut sembler aller à l’encontre de la démarche de Gatti qui privilégie l’écriture en train de se construire et voit dans une œuvre achevée le totalitarisme de la mort, rejoignant par-là la position d’Artaud. Mais les textes existent, sont publiés et deviennent ainsi un nouveau point de départ potentiel pour un parcours à inventer.
En Arts du Spectacle, à l’université, il est (...)
Paradoxalement, en exhibant un corps aux formes hypertrophiées, qui semble tout exprimer de ses pulsions, le corps grotesque crie son manque à être, car un être n’existe aux autres qu’en vertu d’une part de lui qu’il refuse de livrer, et qui, défiant toute prise, déclenche le désir. Or le corps grotesque se livre : il révèle une « vérité » qui pousse à la réflexion. L’artiste du grotesque signifie par son oeuvre l’opposition entre la réalité et l’idéal et il la magnifie. Photo : DA VINCI Leonardo, Expressions grotesques, plume et encre, vers 1490. Windsor, The royal collection.
Article écrit pour le Congrès International de l’Association Internationale du Théâtre à l’Université, « Enseigner le théâtre : pour quoi ? Étudier le théâtre : pour quoi ? Quelles sont les responsabilités du théâtre à l’université ? » Olympie, Grèce, publication le 31 mai 2006 par l’AITU.
En ces temps de manifestations estudiantines contre le CPE du premier ministre Villepin, la projection officielle du film La Cité des normaliens du jeune cinéaste Yann Kilborne, devient particulièrement illustrative des problèmes posés par l’éducation en France. Présenté comme un simple documentaire, le film offre une vision surprenante de ce que fut la mise en route de la nouvelle Ecole Normale Supérieure à Lyon. (Photo extraite du film)
À travers les notes que Jean Vilar adressait aux membres de la troupe, se dégage une conception particulièrement intéressante, ouverte et humaine de la fonction de chef qu’il assumait, loin de toute tyrannie, avec une grande sobriété courtoise. Remontant plus loin dans le temps, l’attitude de Molière face au pouvoir est intéressante à pointer, notamment dans L’Impromptu de Versailles. Il reste que cette fonction de chef de troupe dans le champ du théâtre est rarement abordée de front. (...)
La revue est fondée par Ján Èietek, jeune Slovaque, plus connu sous son nom de poète Ján Smrek, responsable, au moment de la création d´Elán, de la Collection des jeunes auteurs slovaques (EMSA) chez l´éditeur pragois Leopold Mazáè. C´est donc à Prague et associée à la maison d´édition tchèque, qu´ en septembre 1930 la première revue en slovaque de dimension européenne voit le jour. Elán parait dans la capitale de la jeune république tchécoslovaque jusqu´en septembre 1939. A partir de cette (...)
L’installation à Lyon de la prestigieuse Ecole Normale Supérieure de Fontenay/Saint-Cloud n’est pas encore achevée lorsque débute la rentrée. Au milieu des pelleteuses et dans la boue, élèves, professeurs, et personnel, affrontent un désordre inhabituel. Se faufilant partout, la caméra surprend, discrète et attentive, les espoirs et les enthousiasmes, les angoisses et les doutes, d’une communauté en quête de nouveaux repères. Ce film raconte, sur le ton de la comédie, le démarrage de la vie sociale de l’Ecole, et les modes d’adaptation au nouvel environnement.
José Valverde s’appuie sur une conception du théâtre populaire misant sur la communion des classes sociales rassemblées pour l’événement théâtral. Pour lui, la vocation première du théâtre est de provoquer le public à réfléchir en montrant les contradictions de la société et en réduisant les conflits sociaux à des « conflits de mots », cette réduction attestant la fonction unificatrice du théâtre. Le théâtre et les changements culturels sont les moteurs de l’évolution sociale, et, si le théâtre est un divertissement, le réduire à cette seule dimension constitue une dérive provoquée par « l’affaiblissement du sentiment d’appartenance collective à des valeurs ». Il insiste sur le rôle essentiel joué par « nous » les européens « qui avons apporté tant de progrès à l’humanité, tout particulièrement dans notre conception des valeurs qui nous sont communes, mais qui avons aussi apporté tant de douleurs et de sang versé ». Il conclut sur « (...)
« Question : A quoi ai-je le plus de chances de devoir ma mort : à un massacre dans un établissement scolaire ou à la foudre ? Réponse : J’ai deux fois plus de chance de me faire tuer par la foudre que par coups de feu dans un établissement scolaire. » (Michael Moore, « Les Etats Stupides d’Amérique », Mike Contre-Attaque, éd. 10/18, collection « Fait et Cause », p. 119.)
« Question : A quoi ai-je le plus de chances de devoir ma mort : à un massacre dans un établissement scolaire ou à (...)
La société contemporaine subit le procès de l´informatisation. Peu à peu, les informations deviennent son capital le plus important, car la vitesse et la complexité de leur transmission sont supposées constituer les facteurs essentiels de la croissance économique. Grâce au réseau de terminaux d’ordinateurs commutés ensemble, le mode de communication change aussi : il devient dominé par les médias orientés vers le visuel et l’interactif.
Il est évident que le nombre croissant (...)
Comme mes études universitaires étaient, et elles le sont toujours, interdisciplinaires, dans les domaines de la philosophie et de la littérature française, j’ ai décidé d’aborder la question des limites et des frontières ( ou leur abolition ) entre la philosophie et la littérature... L’année dernière, j‘ai écrit mon mémoire, nommé « Le rhizome dans la littérature ( sur l’exemple de Mondo de J. M. G. Le Clézio ) ». Dans la version plus courte et accomodée aux (...)
Les trois sujets : langue, amour et trahison, ont toujours été au cœur de l’œuvre de Genet. Cependant dans le Captif amoureux, plus qu’ailleurs, l’auteur, par une réflexion profonde et déstabilisante, joue à remettre radicalement en cause toute signification cristalisée de ces trois concepts. L’amour que Genet voue aux Panthères Noires et encore plus aux palestiniens devient l’antichambre d’une trahison nécessaire. Trahir c’est, pour Genet, aimer à l’énième puissance et, dans le cas des palestiniens, l’apparente trahison de leur contigence historico-politique était la seule solution pour rendre hommage à un peuple de héros et de déracinés. Par un récit qui envisage le dépassement de l’écriture purement historique et la mise en cause de la relation entre histoire et poésie, Genet arrache les palestiniens à la matérialité et à la temporalité de l’histoire pure pour les confier à l’éternité de la (...)
La parole, qu’est-ce que c’est ? Quoi ? Qui de la parole ? C’est la première question posée. Au commencement. Faire de la parole agissante pensée en pensant en écrivant comme en marchant... l’acheminement a lieu et trouve son rythme à la saison de l’hiver : le sol blanc craque sous chacun des pas.
"Cinéaste né près de Cleveland, dans l’Ohio, en 1953, Jim Jarmusch, adulé ici ou là en Europe et au Japon, est un inconnu, ou presque, dans son propre pays. Il faut dire que les huit films qu’il a réalisés en vingt-cinq ans de carrière tranchent, par leur esthétique raffinée, avec le lot commun des films d’action "made in Hollywood" propres à déplacer les foules. (...)" Photo : Affiche du film "Dead Man" de Jim Jarmusch.
Cinéaste né près de Cleveland, dans l'Ohio, en 1953, Jim (...)
"Ce texte comme manifestation d’une nécessité de ne plus opposer les champs concomitants à l’étude de la danse, partant en quête de nouveaux parangons, avec l’enthousiasme de l’explorateur et la modestie du praticien, face aux enjeux théorico-pratiques d’une nouvelle ère de connaissances pour servir la danse et le danseur. (...)"
Inspiré par le vécu corrézien et parisien, mais phénomène de pure création et résultat de l’imagination d’un artiste sensible, inquiet et provocateur, le portrait de femme, fait par l’écrivain français contemporain Richard Millet, signifie plus que ce qu’il montre au premier regard hâtif ou naif. Il nous semble que toute la pensée de cet auteur - qui suscite en France des réactions opposées, mais qui commence à être traduit à l’étranger - est inscrite également dans ses portraits de femme. Après une brève présentation de portraits de femme dans [Lauve le pur, 2000], troisième volume de la [trilogie siomoise], l’article donne à voir les sens cachés dans les portraits de femme.
"Entre les hommes et les femmes, il y a l’éternelle, l’irréductible distance", explicite la voix narrative au début du roman Lauve le pur de Richard Millet, publié en 2000. La condition masculine, telle que la voit le romancier, serait-elle donc complétement différente de la condition féminine ? "La grande division des sexes", comme affirme le protagoniste Thomas Lauve, "est-elle pire qu’une ligne de front" ? L’objectif de notre communication est d’étudier le masculin dans le roman "Lauve le pur".
"L’idée de départ était d’offrir au public de cette rencontre littéraire, la possibilité non seulement d’écouter les écrivains invités, mais aussi d’écrire. En effet, parmi le public qui assiste à ce type de rencontres, maints participants aiment la littérature au point de vouloir devenir écrivains eux-aussi. Ou, en tout cas, de pratiquer l’écriture en tant que moyen privilégié de la communication humaine. (...)"
"Le hasard, dont on dit qu’il est divin, m’a mis en rapport avec vous à Paris, au début de cette année 2005. De vous, je sais peu de choses, sauf que vous faites partie de ce que je considère comme l’élite de l’Université française. Jadis, lorsque j’étais moi-même étudiant au Chili -pays où je suis né- mon rêve, comme celui de tant d’autres étudiants à travers le monde, était de vivre et d’étudier à Paris, de suivre les cours de la légendaire Sorbonne ou des Grandes Ecoles françaises. (...)" _ _
Photo : Couverture (réalisée par Herman Braun-Vega) du dernier ouvrage de Roberto Gac, "La Société des Hommes Célestes", Sens Public/Parangon, 2006.
En guise d’introduction, je souhaiterais exposer les mobiles qui m’ont poussé à rédiger cet essai. En fait, le premier est constitué par trois citations, trouvées dans l’excellent ouvrage de Pierre Schoentjes sur l’ironie. L’auteur y reproduit les opinions des personnages intellectuels du XIXe siècle sur les femmes et l’ironie en constatant : « Il n’y a pas longtemps, certains esprits, par ailleurs tout à fait respectables, refusaient de reconnaître au peuple et aux femmes le sens de l’ironie : « Le peuple ne comprend pas l’ironie ; la femme non plus », disait Georges Palante, un avis sur lequel René Schaerer renchérissait en écrivant que l’ironie est « exécrée de ces êtres impulsifs que sont les femmes et la foule, et fort goûtée, en revanche, des esprits artistes et méditatifs ». Plus catégorique, Joseph Conrad faisait dire à l’un de ses personnages dans Sous les yeux d’Occident (1911) : « Les femmes, les (...)
« Le dessin est le sexe masculin de l’art ; la couleur en est le sexe féminin » : cette citation illustre spectaculairement le sujet qui va m’intéresser dans cette courte réflexion. Charles Blanc, qui en est l’auteur dans la Grammaire des arts du dessin (1867), continue : « La couleur (...) joue dans l’art le rôle féminin, le rôle du sentiment ; soumise au dessin comme le sentiment doit être soumis à la raison, elle y ajoute du charme, de l’expression et de la grâce. Voilà comment la peinture, qui est le dernier venu des trois arts, en est aussi le plus charmant. »