Politique de la pitié chez Rousseau


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Mots-clés: Rousseau

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  • Politique de la pitié chez Rousseau

    26 septembre 2008 13:11, par Sylvain CLEMENT

    Bonsoir,enseignant agrégé de philosophie en classes de Terminale, je m’efforce d’achever un mémoire de Master 2 sur le thème suivant : "La pitié dans l’oeuvre de Rousseau". C’est pourquoi j’ai lu avec beaucoup d’intérêt cet article intitulé "Politique de la pitié chez Rousseau" et c’est pourquoi je serais heureux de pouvoir soumettre à l’auteur de l’article les remarques suivantes.1. Le titre de l’article pourrait s’entendre comme l’affirmation de l’existence d’un mode de gouvernement fondé sur la pitié. Or, l’article n’en dit rien. Plus encore, H.Arendt, dans "Essai sur la révolution" (ch. 2), critique avec force la pitié rousseauiste qui, selon elle, a inspiré les acteurs de la Révolution française et a conduit à la Terreur au nom du bien du Peuple et des malheureux. Question : cette critique de Arendt est-elle fondée ? Rousseau a-t-il vraiment pensé une "politique de la pitié", un mode de gouvernement fondé sur la pitié ?2. l’article parle de la "communauté morale" que rend possible la pitié, selon Rousseau : je suis d’accord, mais comment passe-t-on de cette "communauté morale" à une "communauté politique" qui suppose règles et institutions ? Le passage de la morale au politique (ici, comme mode de vivre-ensemble, et non plus comme art de gouverner) est-il si immédiat et si simple ? Si la pitié chez Rousseau a une valeur morale (cf. 2nd Discours, Emile livre IV), en quoi a-t-elle une valeur politique ? Comment permet-elle de passer de l’homme vertueux au citoyen ?3. Ce qui me frappe en lisant l’article, c’est le peu de place accordée au "Contrat social". Et ce qui me frappe aujourd’hui en lisant le "Contrat social", c’est l’absence de la pitié : l’institution politique, l’institution du politique, semble se faire exclusivement par la raison, par la capacité du citoyen à obéir librement à la volonté générale. Et pourtant, à la lecture du "Discours" ou de "Emile", on doit admettre que Rousseau donne à la pitié une place essentielle dans le rapport à autrui, la naissance de la sociabilité (même si la pitié n’est pas la source unique de cette dernière), la reconnaissance mutuelle, et l’accès même à l’idée d’humanité. Alors ? Incohérence de Rousseau, ou problème de fond dans le passage de la morale au politique ? Faut-il chercher des pistes de réponse dans "l’amour de la patrie" (quel lien clair a-t-il alors avec la pitié ?) ou dans la "religion civile" proposée par Rousseau à la fin du "Contrat social" (quel lien alors entre pitié et religion civile ?) ?Merci beaucoup pour l’attention que vous porterez à ces remarques pour lesquelles, soyez en assuré, j’attends avec impatience les réponses de l’auteur !Sylvain Clémentlesclement@neuf.fr 

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