Après le dernier clic : que signifie mourir sur le web ?


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Mots-clés: Monde numérique,Philosophie,Politique et société,Internet,Écritures numériques et éditorialisation,Repenser le numérique au 21e siècle

3 Messages de forum

  • Après le dernier clic : que signifie mourir sur le web ?

    28 janvier 2013 17:57, par m.demoulin

    Ce que vous dites est très intéressant, mais j’ai l’impression que vous passez à côté de quelque chose. Je vais donc essayer de faire un ajout à ce que vous écrivez. Vous parlez à la fois de cadavres et à la fois d’îles délaissées. Je pense qu’il est important de différencier le corps mort, celui qui n’a jamais été numérisé en tant que tel, qui n’a qu’été médiatisé, et ce qui est numérique en tant que tel, ce lieu cette île. Je vous conseille de lire une très courte nouvelle de Julien Gracq, La route (dans La Presqu’île). Il y décrit une route complétement abandonnée, mais montre bien que si elle est abandonnée, si les gens qui animaient cette route sont morts depuis longtemps, la route en elle-même, en tant que lieu, est toujours animé, elle a son dasein propre. La nouvelle continue et après cinq pages de description de ruines diverses, de morts et d’autres, le narrateur évoque de jeunes femmes qui errent ça et là, totalement indépendantes, corporellement trop présentes pour que ce soit des fantômes. A partir de cela, plutôt que de parler de mort numérique, de cadavre, on devrait plutôt déployer un imaginaire spectral (j’ai découvert d’ailleurs que HP lance un nouvel ordinateur appelé "spectre", c’est très plaisant). Le corps est mort, mais le lieu qui a surgit de la médiation numérique de ce corps est comme cette route abandonné, il n’y a pas de mort, tout au plus des traces, des survivances de la mort (si je veux faire un mot d’esprit). Et ce personnage, vous et moi, et tous les autres, qui tombent sur ce lieu comme lorsqu’on s’éloigne d’une piste, nous sommes comme ces femmes de la nouvelle de Gracq, nous investissons, c’est à dire que nous réactualisons la médiation numérique du corps, du précédent cadavre, avec notre corps.

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    • Après le dernier clic : que signifie mourir sur le web ? 28 janvier 2013 22:20, par peppe cavallari

      Je vous remercie de votre attention et de votre suggestion.
      C’est vrai que je parle de corps et d’îles, donc de corps et de lieux, étant le corps numérique un lieu, un lieu fait d’écriture, un corps dont le support est la page, qui peut avoir la forme d’un blog, d’un mur, d’un site. Un site, justement, un lieu.

      La configuration électronique et visuelle de notre corps numérique est forcement topographique, notre corps écrit est un corps-lieu joignable par tout le monde qui ne connait le nom, c’est à dire l’adresse, exactement comme des îles abandonnées que tout le monde a oubliées. Si le nom d’une chose est un adresse, alors ça veux dire que cette chose est un lieu.

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      • Après le dernier clic : que signifie mourir sur le web ? 6 février 2013 19:09, par m.demoulin

        Je suis heureux que la confusion n’était qu’apparente (même si je serais plus radical que vous et que je me méfierais bien plus grandement de cette notion de corps en réseau), je pense qu’il est primordial de faire attention aux transferts que notre pensée effectue sur le réseau, et je me suis longuement demandé moi-même, sans avoir pour l’instant trouvé de réponse, si la notion d’île était si appropriée car encore trop peu réticulaire (même si on conçoit un archipel, le réseau n’a contrairement à comme on aime le visualiser, rien d’un archipel). J’aimerais beaucoup répondre à votre article par un autre article, hélas j’ai trop peu de temps pour l’instant, mais j’espère pouvoir le faire, car vous touchez du doigt (ou de la souris pour faire un peu d’humour)tout un réseau de signes extrêmement intéressant et jusqu’à maintenant trop peu étudié et qui pourtant vont s’avérer déterminant pour la suite, et hors de l’internet. (Je pense au Post Scriptum aux sociétés de contrôle de Deleuze, étrange testament).

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